Article publié le 20/05/2022
Un nouveau défi pour les sportifs
de l’association Diamachro du CH de Chambéry
Engagé depuis 40 ans dans la prise en charge des patients diabétiques, Orkyn’ confirme son soutien pour permettre à des sportifs de réaliser leurs rêves… des rêves “a priori” inaccessibles, mais qui deviennent pourtant réalité. Ce fut le cas un beau week-end de mai lors duquel plusieurs diabétiques de profils divers ont réussi l’ascension du Grand Paradis, un sommet à 4000m en Italie!
Après une mise en jambe avec la montée jusqu’au au refuge Victor Emmanuel II à 2735 m (700m de dénivelé positif) le premier jour, départ à l’aube le lendemain à l’assaut du Grand Paradis pour aller saluer la vierge à 4061 mètres. Accompagnés par Pascal Chapelland et Stéphane Mousset, deux guides chevronnés de Saint-Gervais, avec qui le groupe avait déjà eu le privilège de descendre la Vallée Blanche en 2019
Une expérience inoubliable
“Je trouve ça génial d’être accompagné dans le sport et de pouvoir nous permettre de vivre ce type d’expérience, avec un groupe super” s’exclame Nicolas, 32 ans.
Mais l’expérience n’était pas sans difficultés… “ L’altitude a vite eu raison de mon énergie” reconnait-t-il. Un rythme lent, des pas lourds, et surtout une glycémie basse (<0.80 dg/L de sang) tout le long de la montée. Pas moins de 8 barres céréales ingurgitées, rien n’y fait, sa glycémie ne remonte pas! Cependant“ Notre groupe avançait, le plaisir est revenu malgré la souffrance, malgré les bips répétés de la pompe indiquant une hypoglycémie légère” confie t-il, reconnaissant avoir vécu un moment intense, un combat contre lui-même et une victoire au bout. Le tout couronné par une descente géniale sur une neige étonnamment bonne pour la saison.
Olivier, 43 ans et diagnostiqué vers l’âge de 20 ans explique: “Ce fut pour ma part difficile pour les derniers 100 mètres d’ascension du fait des nausées et envies de vomir répétitives que je croyais liées à l’altitude alors que cela était dû à ma pompe à insuline qui s’était partiellement arrachée!” .
Une gestion de l’effort “profil dépendant”
Diagnostiqué depuis l’enfance ou à 45 ans ….le défi était le même pour tout le groupe engagé dans la performance.
“J’aurais bien connu l’évolution des traitements de cette pathologie et maintenant, je ne peux qu’apprécier les nouveaux moyens actuels qui nous simplifient le quotidien” confie Marcelle, 63 ans et dont le diabète a été détecté à l’âge de 15 ans, qui précise “ tout au long de ma vie, j’ai toujours fait du sport, qu’il s’agisse de ski ( piste / fond / rando), de course à pied ou de vélo”. Des années d’expérience (de gestion du diabète) qui ne lui auront pas empêché de mener la course en tête jusqu’au sommet!
“Lorsque je suis revenu chez moi avec des stylos sous le bras et un capteur dessus, après 3 jours au CH de Chambéry pour stabiliser ma glycémie je me suis posé beaucoup de questions sur le comment et assez peu sur le pourquoi” indique Corentin, 45 ans, infirmier anesthésiste à l’hôpital de Bourg saint Maurice. “Comment faire toutes les activités que je pratique en montagne ? Comment faire du parapente ou de longues randonnées en étant diabétique ? Comment m’organiser au travail avec ce capteur ?” s’interroge-t-il. Grâce à un régime pauvre en glucides, il vit assez bien son diabète pendant 2 ans ½, jusqu’à sa paternité où la fatigue, le stress et le manque d’activité physique le contraignent à reprendre les injections d’insuline lente et rapide (stylos) tout en gardant le même régime alimentaire.
“J’ai toujours été sportif mais le diabète me donne un challenge supplémentaire que j’aime relever. Le Grand Paradis reste un 4000m et je suis content de l’avoir fait avec Diamachro” confie-t-il, pourtant habitué aux exploits sportifs.
L’avenir du sport extrême : une approche personnalisée de la prise en charge
Quel que soit le traitement et/ou le dispositif médical déterminé par le professionnel de santé avec son patient (per-os, injection, pompe à insuline) selon le profil de ce dernier, l’important est LA bonne stratégie pour le bon patient. “Seuls le temps et l’expérience apporteront une connaissance de son propre corps et des bonnes pratiques pour se dépenser en sécurité” déclare Nicolas, soulignant par ailleurs l’importance de l’échange de bons conseils entre diabétiques passionnés de sport et de montagne au sein de l’association Diamachro.
“Le sport et le diabète, c’est compatible !” conclut t-il déclarant que son diabète est désormais très bien vécu, qu’il a rapidement fait le deuil des contraintes pour se concentrer sur le plus important :profiter de la vie.
“Le mental prend le relais. J’avais déjà celui d’un sportif, j’ai désormais celui d’un diabétique qui ne laissera pas une maladie l’éloigner de ses rêves. C’était le sommet ou rien”.
Cette nouvelle expérience marquante pour tous a été rendue possible grâce au partenariat renforcé entre le Dr Anne Mayer, diabétologue au CH de Chambéry particulièrement engagée auprès de ses patients sportifs, et la société ORKYN, prestataire de santé à domicile, branche santé de Air Liquide.
“ L’enthousiasme de chacun tout au long de ces moments partagés dans l’effort et les remerciements chaleureux qui ont suivis, nous vont droit au coeur et nous encouragent à soutenir ces projets sportifs” déclare Corinne Vermeersch, Directrice de zone Rhône Alpes Auvergne chez Orkyn et organisatrice de la journée, confiant être ravie de partager sa passion de la montagne avec d’autres amoureux de nos sommets magiques.
L’évolution des dispositifs médicaux, de plus en plus connectés à travers des plateformes dédiées, et la mise à disposition pour les patients de la boucle fermée remboursée, va de toute évidence ouvrir de nouveaux horizons avec une gestion optimale du diabète au quotidien. Quid de cette boucle fermée dans le cadre des sports extrêmes…. un domaine à explorer pour ouvrir de nouveaux horizons et gagner toujours davantage de liberté.
Photos : ©NathalyMERMET – 2022
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